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Les conséquences
de l'incestes ou de l'abus sexuel
Les dégâts
produits par l'abus sexuel
Ces
dégâts constituent un torrent tumultueux qui balaie tout dans
l'âme, et qui inclut : le sentiment d'impuissance, celui d'avoir
été trahi et le sentiment d'ambivalence, ainsi que plusieurs
autres symptômes.
Le
sentiment d'impuissance
L'abus
sexuel a été imposé à la victime. Qu'il se soit produit
une fois ou cent fois, avec ou sans violence, ne change rien au
fait qu'elle a été dépossédée de sa liberté de choix.
Ce sentiment provient de trois raisons
* Elle n'a
pas pu changer sa famille dysfonctionnelle, s'il s'agit d'un
inceste. Ses proches ne l'ont pas protégée comme ils auraient dû
le faire, sa mère ou sa belle-mère n'a rien vu ou fait semblant
de ne rien voir.
* Que
l'abus ait été accompagné de violence ou non, qu'il y ait eu
douleur physique ou non, la victime n'a pu y échapper, ce qui
crée en elle faiblesse, solitude et désespoir. De plus, le
coupable se sert de la menace ou de la honte pour la réduire au
silence et recommencer en toute impunité, ce qui augmente son
impuissance.
* Elle ne
parvient pas à mettre un terme à sa souffrance présente. Seule,
la décision de se supprimer anesthésierait sa douleur, mais elle
ne peut s'y résoudre, alors elle continue à vivre, et à
souffrir.
Ce sentiment d'impuissance entraîne de graves dommages
* La
personne abusée perd l'estime d'elle-même, doute de ses talents
et se croit médiocre.
* Elle
abandonne tout espoir.
* Elle
insensibilise son âme pour ne plus ressentir la rage, la
souffrance, le désir ou la joie. Elle enfouit et refoule dans
son inconscient les souvenirs horribles de l'agression sexuelle.
* A force
de renoncer à sentir la douleur, elle devient comme morte. Elle
perd le sentiment d'exister, semble étrangère à son âme et à son
histoire.
* Elle
perd le discernement concernant les relations humaines, ce qui
explique que les victimes d'abus tombent souvent à nouveau sous
la coupe d'un pervers, ce qui renforce leur sentiment
d'impuissance.
Le
sentiment d'avoir été trahi
Beaucoup
de gens ignorent le nom des onze autres apôtres, mais
connaissent Judas, le traître. Pourquoi ? Parce que la plupart
des gens estiment que rien n'est plus odieux que d'être trahi
par quelqu'un qui était censé vous aimer et vous respecter.
La
personne abusée se sent trahie non seulement par l'abuseur en
qui elle avait confiance, mais aussi par ceux qui, par
négligence ou complicité, ne sont pas intervenus pour faire
cesser l'abus.
Les
conséquences de la trahison sont : une extrême méfiance et la
suspicion, surtout à l'égard des personnes les plus aimables ;
la perte de l'espoir d'être proche et intime avec autrui et
d'être protégée à l'avenir, puisque ceux qui en avaient le
pouvoir ne l'ont pas fait ; l'impression que si elle a été
trahie, c'est parce qu'elle l'a mérité, du fait d'un défaut dans
son corps ou dans son caractère.
Le
sentiment d'ambivalence
Il
consiste à ressentir deux émotions contradictoires à la fois.
Ici, l'ambivalence gravite autour des sentiments négatifs
(honte, souffrance, impuissance) qui ont parfois été
simultanément accompagnés du plaisir, qu'il soit relationnel (un
compliment), sensuel (une caresse), ou sexuel (le toucher des
organes), dans les premières phases de l'abus.
Le fait
que le plaisir soit parfois associé à la souffrance entraîne des
dommages considérables : la personne se sent responsable d'avoir
été abusée, puisqu'elle y a « coopéré» en y prenant plaisir ; le
souvenir de l'agression peut revenir lors des rapports
conjugaux ; elle ne parvient pas à s'épanouir dans sa sexualité
qui est pour elle trop liée à la perversité de l'abuseur ; elle
contrôle et même s'interdit le plaisir et donc son désir sexuel.
Le
conseiller doit expliquer à la personne qu'elle n'est pas
responsable d'avoir éprouvé un certain plaisir, car il est
normal qu'elle ait apprécié les paroles et les gestes de
« tendresse» de l'abuseur. C'est la nature qui a donné à l'être
humain cette capacité à ressentir du plaisir.
Ce qui
n'est pas normal, c'est la perversion de celui qui a prémédité
ces attitudes affectueuses pour faire tomber une proie innocente
dans son piège. C'est lui le seul responsable.
Quelques autres symptômes
L'inceste
constitue une violation tellement traumatisante que souvent les
victimes oublient que cela leur est arrivé.
Mais les cicatrices émotionnelles sont bien présentes, même si
elles paraissent déroutantes à cause de leur manque de
signification apparente. Les problèmes continuels dans les
relations, la sexualité, la confiance, le contact physique, les
dépendances, la dépression et la culpabilité peuvent, quand leur
cause est inconnue, donner le sentiment de devenir fou et de
perdre le contrôle de soi-même. Cette liste peut être utilisée
pour aider l'adulte survivant à s'identifier en tant que victime
d'inceste, pour qu'il sache qu'il existe bien des raisons aux
difficultés qu'il éprouve, et qu'en fait, ces "problèmes" sont
un moyen de contourner une douleur
insoutenable.
L'inceste, la
forme la plus commune d'abus sexuel sur un enfant, est avant
tout un abus sur un enfant, un abus des limites personnelles et
sexuelles de l'enfant par une personne de confiance censée
prendre soin de lui. L'inceste est toute utilisation d'un enfant
mineur pour satisfaire des besoins sexuels et/ou émotionnels
d'une ou plusieurs personnes dont l'autorité s'appuie sur des
liens affectifs avec l'enfant. Il faut noter que l'inceste est
un abus qui se retrouve dans une relation de pouvoir et pas
forcément uniquement dans les liens du sang : c'est la violation
de la confiance qui entraîne les plus gros dommages chez
l'enfant.
La
peur de se retrouver seul dans le noir, de dormir seul; les
cauchemars, les peurs nocturnes (surtout la poursuite, la menace
et l'enlèvement)
Ne pas exprimer sa sensibilité; la peur de l'eau sur le visage
durant le bain ou en nageant (sentiment de suffocation);
Aliénation à l'intérieur de son propre corps; incapacité à
prendre en compte les signaux de son corps ou bien d'en prendre
soin; mauvaise image de son corps; prise ou perte de poids pour
éviter d'attirer l'attention sexuelle;
Problèmes gastro-intestinaux; problèmes génitaux (dont les
infections vaginales spontanées); maux de tête, arthrite ou
douleur aux articulations;
Porter de nombreux vêtements, y compris en été; porter des
vêtements larges; incapacité à se dévêtir dans les situations
appropriées (pour nager, pour se baigner, pour dormir);
contraintes très importantes pour l'intimité dans la salle de
bains.
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Désordres alimentaires (anorexie, boulimie), abus de drogue ou d'alcool ; autres dépendances; comportements
compulsifs;
Automutilation; blessures auto-infligées;
Phobies;
Besoin d'être invisible; perfectionnisme;
Pensées suicidaires; tentatives de suicides; obsession du
suicide;
Dépression (parfois paralysante); pleurer sans raison apparente;
Problème de colère; incapacité de reconnaître, d'admettre et
d'exprimer sa propre colère; peur d'une colère réelle ou
imaginaire; constamment en colère; très grande hostilité à
l'égard de toute personne du sexe ou de l'ethnie de l'agresseur;
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Dépersonnalisation; faire des malaises, des crises dans des
situations stressantes; être toujours en crise; insensibilité
psychique; douleur physique ou insensibilité associée à des
souvenirs particuliers, des émotions (par exemple la colère) ou
des situations (par exemple les relations sexuelles);
Contrôle rigide du processus de pensée; manque d'humour ou
sérieux extrême;
Se réfugier dans l'enfance, s'accrocher à quelqu'un, se
recroqueviller dans un coin (comportements pour rechercher la
sécurité); nervosité à l'idée d'être vu ou surpris; se sentir
épié;
Problèmes de confiance; incapacité à faire confiance (on n'est
pas en sécurité lorsque l'on fait confiance); accorder trop de
confiance; accorder sa confiance sans discernement;
Prise de risque élevée ("défier le
sort"); incapacité à prendre des risques;
Problèmes
de limites; contrôle, pouvoir, territorialité: peur de perdre le
contrôle; comportements compulsifs/obsessionnels (tentative de
contrôler des choses sans importance juste pour contrôler
quelque chose!); confusion entre sexe et pouvoir;
Culpabilité / honte / très faible estime de soi / se sentir bon
à rien / haute estimation des petites faveurs des autres;
Comportement de victime (persécuter quelqu'un après avoir été
soi-même victime), surtout sexuellement; aucun sens du pouvoir
ou bien du droit d'imposer des limites; incapacité de dire
"non"; rechercher des relations avec des personnes beaucoup
âgées (commence à l'adolescence);
Envie d'aimer et d'être aimé; savoir et faire instinctivement ce
que l'autre personne veut ou espère; les relations sont de
grands échanges (l'"amour" a été pris, mais non donné);
Sentiment d'abandon;
Incapacité de se souvenir de certaines périodes (surtout entre 1
et 12 ans), ou d'une personne ou d'un lieu spécifique;
Sensation de porter un lourd secret; être pressé de le dire ou
bien au contraire avoir peur qu'il soit révélé; penser que
personne ne le croira. Etre généralement secret. Se sentir
"marqué";
Se sentir fou; se sentir différent; se sentir irréel alors que
tous les autres sont bien réels, ou inversement; se créer des
mondes imaginaires, des relations ou des identités (par exemple
pour une femme, s'imaginer, se croire un homme c'est à dire, pas
une victime);
Déni ou
dissociation ; aucune conscience de ce qui s'est passé; répression de la
mémoire; faire semblant; minimiser ("ce n'était pas si grave");
avoir des rêves ou des souvenirs ("c'est peut-être mon
imagination") (flash-back); très fortes réactions négatives
"inappropriées" à l'égard d'une personne, d'un lieu ou d'un
événement; flashs (lumière, lieu, sensation physique) sans avoir
aucune idée de leur signification; se souvenir de
l'environnement mais pas des faits. La mémoire peut revenir par
le dernier événement traumatisant ou bien l'agresseur. Les
détails de l'abus peuvent ne jamais revenir à la mémoire;
quoiqu'il en soit la guérison peut intervenir même si on ne se
souvient pas de tout. Votre inconscient libère les souvenirs au
moment où vous êtes capable de les affronter.
Problèmes sexuels; le sexe est quelque chose de sale; aversion à
être touché, surtout lors des examens gynécologiques; très forte
aversion pour certaines pratiques sexuelles, ou au contraire
très fort désir; sentiment d'être trahi par le corps; problème
pour mêler sexualité et émotions; confusion et mélange de
sexe/affection/domination/agression/violence; avoir besoin d'une
relation de pouvoir dans les relations sexuelles; abuser des
autres; séduction "compulsive" ou au contraire tout faire pour
ne pas être séduisant; besoin d'agresser ou incapacité totale à
agresser; relations sexuelles impersonnelles et dénuées de
sentiments avec des étrangers avec incapacité d'avoir des
relations intimes dans le cadre d'une relation amoureuse
(conflit entre la sexualité et l'attention); prostitution;
strip-tease; acteur porno; dépendance au sexe; refus du sexe;
arrêt des relations sexuelles; pleurer après l'orgasme;
sexualiser toute relation; réponse érotique à tout abus ou
colère; fantasmes de domination ou de viol (culpabilité et
confusion); Remarque : l'homosexualité n'est pas forcement une conséquence
de l'inceste;
Comportement
ambivalent ou conflictuel dans les relations; Remarque : les
partenaires de survivants souffrent également souvent de
conséquences du syndrome post-inceste, surtout dans les
comportements sexuels et relationnels;
Refus de se voir dans un miroir (invisibilité, honte, faible
estime de soi, méfiance à l'égard des apparences);
Désir de changer de nom pour se dissocier de l'agresseur ou
prendre le contrôle de soi;
Ne supporte pas le bonheur; réticence ou retrait par rapport au
bonheur;
N'aime pas faire du bruit y compris pendant l'acte sexuel, en
pleurant, en riant, ou tout autre fonction corporelle; très
grande attention portée à la parole (attention particulière au
choix des mots des autres; voix très douce, surtout quand il y a
besoin de se faire écouter);
Vol;
Personnalité multiple.
Remarque pour les
thérapeutes
Tout le monde, et en particulier ceux qui ont besoin d'une
psychothérapie, peut manifester ces
symptômes bien que certains soient particuliers aux victimes
d'abus sexuels dans l'enfance.
Quand ils apparaissent ensemble, il y a une probabilité
importante qu'un inceste soit survenu dans l'enfance.
Par E. Sue Blume, C.S.W., Diplomate in Clinical
Social Work, auteure de deux livres : Secret Survivors:
Uncovering Incest and Its After-effects in Women et You're Still.
Sources
Psycho-Ressources,
Philippe persoblog |