Mon histoire

 

Pas facile de résumer en quelques lignes toute une vie, il y a tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer...

 

Je vais vous parler de la personne qui m'a volé mon enfance, mon père...
Mon père cet homme qui ment comme il respire, mon père ce manipulateur, ce pervers, mon père ce lâche qui n'a même pas eu le courage de reconnaitre les faits, et surtout mon père ce pédophile.
J'ai été victime d'inceste durant 13 ans, dans mes premiers souvenirs j'avais 3 ans...
Je sais que ça a commencé à 3 ans, lorsque ma mère a commencé a travailler, je me souviens aussi de l'appartement où on habitait à Toulouse, quand ma mère partait travailler tôt le matin, je me levais et je la suppliais pour qu'elle ne parte pas, car c'était mon père qui me gardait.
Dès le plus jeune âge il ne m'a jamais aimé, et moi non plus d'ailleurs ! Toute petite je me vengeais de lui comme je pouvais, je faisais pipi à sa place sur son lit. Plus grande j'essayais de l'empoisonner en mettant les gouttes du médicament pour le chien dans son verre, etc... Mais je n'étais qu'une enfant, et mes tentatives n'ont jamais abouti à grand chose...
Petite c'était avant que ma soeur ne naisse, nous habitions à Ramonville dans un immeuble au 2ème étage. Mon père aimait me faire peur, il m'a toujours montré qu'il pouvait me tuer s'il le voulait. Je devais avoir moins de 5 ans il me prenait et me suspendait dans le vide par dessus le balcon, moi je hurlais, j'avais peur, et lui ça le faisait rire !
Mon enfance a été un véritable enfer ! Quand j'étais petite je me disais "quand je serai grande je pourrai partir et être libre".
Malheureusement le temps fut long et mes années de souffrances aussi. Il y a eu les insultes, les humiliations, les coups, et l'inceste, et personne ne pouvait m'aider.
Ce monsieur est policier, donc insoupçonnable et au dessus des lois. D'ailleurs je ne l'appelais pas "papa", mais "l'autre" ou "le porc".
A la maison c'était un tyran, tout le monde avait peur de lui, par contre à l'extérieur il savait et il sait toujours manipuler son monde, il sait être "gentil", "souriant", toujours le mot pour rire, c'est le jour et la nuit !
Mon adolescence a été les pires années de ma vie. Nous habitions une maison de village, et ma chambre était isolée des autres, ce qui veut dire que mon père pouvait venir la nuit sans que personne n'entende rien.
Tout allait très mal, je me suis repliée sur moi même, je restais isolée dans ma chambre, mes résultats scolaires se sont effondrés. A 15 ans, un samedi après midi, j'ai avalé plusieurs médicaments au hasard dans la pharmacie, je voulais en finir, je me suis endormie tout l'après midi dans ma chambre, et personne ne s'est rendu compte de rien.
A cette époque là, il fallait éviter de penser pour éviter de souffrir, être dans le déni, et attendre que les années passent.
Plusieurs années plus tard je suis enfin partie de chez mes parents. A 24 ans j'ai commencé une psychanalyse, car j'étais dépressive, boulimique, et j'avais des TOC, le soir avant de me coucher je vérifiai 10, 15, 20 fois que les portes soient bien fermées car j'avais peur que pendant la nuit quelqu'un rentre dans ma chambre. Je pensais souvent au suicide... Heureusement mes amis étaient là pour me soutenir.
Mes parents étaient toujours mariés, et ne savaient pas que je voyais un psy. Mon père était contre les psy, il ne fallait surtout pas aller les voir, pourtant lui en aurait eu besoin...
Je suis aussi allée à l'association "L'enfant bleu" à Toulouse, je leur ai raconté mon histoire, ils ont ouvert un dossier avec mon suivi, puis j'ai consulté la psychologue de l'association pendant plusieurs années, ça m'a beaucoup aidé.
A 25 ans ma mère à divorcé, enfin !!! Mon père devenait de plus en plus violent avec elle et c'était devenu insupportable.
J'ai coupé les ponts avec lui, et j'ai enfin pu dire à ma famille ce que mon père m'avait fait.
De mon côté j'ai continué ma psychothérapie pour essayer de m'en sortir. Je savais que j'avais jusqu'à 28 ans pour déposer plainte à cause de la prescription.
Je suis allée voir deux avocats, les deux m'ont dit la même chose "votre père est fonctionnaire de police, il y a peu de chance que la plainte aboutisse" c'était la triste réalité, mais j'ai tout de même déposé plainte contre mon père juste avant mes 28 ans. Pour qu'il sache ce que je pensais de lui et ce qu'il avait fait, et lui montrer aussi qu'aujourd'hui je ne me tairais plus, il ne me faisait plus peur !
A ma connaissance il y a 3 victimes de mon père dont moi, une des victimes de mon père a décidé de témoigner contre lui (aucune plainte n'a été déposée car l'âge de la prescription était dépassée) d'ailleurs je la remercie infiniment d'avoir eu le courage de parler.
D'après les éléments du dossier et les deux témoignages, le juge décide de lancer une procédure criminelle contre mon père. C'est une première étape de passée, l'affaire n'a pas été classé sans suite !
Cette procédure judiciaire a été une véritable épreuve. Ma mère, ma soeur et moi avons été harcelées et menacées.
Mon père a fracassé la voiture de ma mère à plusieurs reprises, malheureusement ma mère n'a pas pu déposer plainte au commissariat de la ville de Perpignan car mon propre père y travaille. Ma soeur et moi avons reçu plusieurs appels téléphoniques de notre père qui nous menaçait de se suicider si je ne retirais pas ma plainte, à ce jour ce monsieur est toujours en vie et n'a jamais tenté de mettre fin à ces jours. Moi j'ai changé de numéro de téléphone, ma soeur ne l'a pas fait, et de ce fait elle a reçu des appels anonymes jours et nuits durant des mois, elle a fini par déposer plainte, la plainte est partie dans le commissariat de la ville d'où les appels provenaient (Perpignan), et bizarrement il n'y a jamais eu de suite...
Puis ma tante J. une des soeurs de mon père, a écrit de faux témoignages qu'elle a envoyé au juge d'instruction, où elle raconte que je lui téléphonais régulièrement pour lui dire que je mentais et que je faisais ça pour l'argent, bien sûr ces propos sont faux et ne tiennent pas la route.
Il y a eu une confrontation avec mon père devant le juge, mon père avait pris l'avocat du syndicat de la police (ça peut aider!).
Lors de cette confrontation il n'a jamais répondu aux questions qui lui ont été posées, il s'est mis à dire n'importe quoi : 
"Que je fréquentais des homosexuels, que les homos sont des pervers, et qu'ils en veulent à son argent!". Mes amis homosexuels eux ne tripotent pas des enfants! Et que vient faire son argent la dedans ???
"Que j'étais lesbienne" (donc perverse). Que je sache mon mari n'est pas une femme.
"Que c'était ma mère qui me manipulait". Avant de pouvoir  me manipuler il faut se lever de bonne heure. D'ailleurs la seule personne que mon père n'ait jamais réussi à manipuler c'est bien MOI !
"Que je devais être dans une secte". Quand on ne sait plus quoi dire, on dit n'importe quoi !!!
"Que ma mère passait son temps à lui courir après pour se remettre en couple avec lui. Mais qu'il lui avait dit non!" C'est plutôt ma mère qui passe son temps à le fuir comme la peste !
"Que c'était un complot entre moi, ma mère, et l'autre victime qui a témoigné, pour lui soutirer son argent". Du coup mon avocate a demandé à mon père quels étaient ses biens, immobiliers ou autres pour attirer autant la convoitise???
La réponse de mon père a été "Aucun" il n'a aucun bien, il ne possède rien...
Le jour de l'audience mon père n'a pas daigner se déplacer alors que sa présence était obligatoire, par contre moi j'étais là et le juge m'a refusé l'accès à l'audience !
Pour une fois dans sa vie mon père aurait pu prouver qu'il était un "homme", c'était "son jour", ce jour où il aurait pu dire la vérité, avouer toutes ces choses horribles qu'il a faite. Mais non, il est resté lâche jusqu'a la fin...
Bien sûr il y a eu un "Non lieu" comme bien souvent dans ces cas là. Il m'a été reproché de ne pas avoir de preuves matérielles tel que des photos ou vidéo. Il est vrai que lorsque j'étais enfant je n'avais pas les moyens et je n'ai pas eu la présence d'esprit d'acheter un appareil photo ou une caméra pour photographier ou filmer tout ça. Lorsque j'ai entendu ça j'ai cru à une mauvaise blague !

La corruption n'existe pas que dans les pays sous développés, elle existe en France plus que jamais, il suffit de regarder les chiffres. Les pédophiles ont de beaux jours devant eux. C'est une honte !  Elle est belle la justice Française !



En tout cas moi aujourd'hui je peux me regarder dans un miroir et je n'ai rien à me reprocher.
Je continuerai toujours à clâmer haut et fort ce qui m'est arrivé !
Je ne veux plus voir mon père, d'ailleurs il ne me manque pas car je n'ai jamais eu de "papa" c'est un bourreau qu'il y avait à la maison. Je ne lui pardonnerai jamais !
Tout ce que j'ai fait et entrepris je l'ai fait SEULE, personne ne m'a jamais dit ce que j'avais à faire (et je ne le permettrai pas), j'ai assez de personnalité et de caractère pour penser par moi même, contrairement à ce que Monsieur peut insinuer.

Pour les autres victimes : PARLEZ !  Se taire c'est donner raison à votre agresseur, ne le laissez pas gagner.
Et dites vous que peut être d'autres enfants seront épargnés, car un pédophile fait plusieurs victimes dans une vie.

 

 

 

 

 

 

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