Qui sont les pédophiles ?
La loi française ne connaît pas le terme
«pédophile». Elle stigmatise les auteurs d'attentats
à la pudeur, d'agressions sexuelles avec ou sans
violence, de viol (en cas de pénétration) à
l'encontre des moins de 15 ans. Un enfant n'est
jamais consentant, aux termes de la loi: il est
victime d'un délit ou d'un crime. Au sens
étymologique, le pédophile est réputé aimer les
enfants. Il serait plus exact de dire qu'il les
désire érotiquement. S'il les «aime», c'est de façon
narcissique, parce qu'il s'identifie éventuellement
à eux, et les manipule pour son propre plaisir. Le
terme de pédophilie recouvre des comportements
sexuels - en principe masculins - plutôt divers:
certains pédophiles préfèrent exclusivement les
garçons, d'autres les filles, d'autres encore les
deux. Certains ne s'intéressent qu'aux enfants
prépubères, d'autres - il faut le savoir - qu'aux
tout-petits, voire aux bébés. Certains ne sont
attirés que par les mineurs, d'autres goûtent aussi
les adultes. Certains n'éprouvent à l'égard des
enfants qu'une attirance latente, «voire
inconsciente», selon le psychiatre Bernard Cordier,
spécialiste de ces cas: «Les facteurs du passage à
l'acte sont alors, par exemple, l'état d'ivresse ou
la promiscuité.» Certains ne passent jamais à
l'acte, même si le désir les obsède. Le psychiatre
Roland Coutanceau, autre spécialiste, distingue les
«tripoteurs», qui échouent en correctionnelle pour
des attentats à la pudeur à répétition, et les
«prédateurs», passibles des assises, qui utilisent
l'intimidation, les menaces, voire la contrainte
physique pour violer. Ils se muent - rarement - en
assassins par sadisme ou par peur d'être reconnus.
Il y a différents types de pédophiles :
- Certains se
contentent de regarder des films porno, des photos
car ils savent que les enfants ne veulent pas d'eux.
Ils ne passent pas à l'acte. On peut les qualifier
d'"Abstinents". Ils ne dévient pas parce qu'ils ont
une maturité, ils sont bien structurés humainement,
leur personnalité est équilibrée. Ils se rendent
compte que ce n'est pas bien et ils sont capables de
se contrôler. Ils souffrent parce qu'ils ont des
attirances sexuelles qui sont impossibles à vivre.
- Il y a ceux qui ne se retiennent pas et qui se
divisent encore en trois catégories distinctes :
- Les
immatures névrotiques. Ils critiquent leurs
actes, ils en ont honte. Ils trouvent normal
d'être interpellés par la société et d'être
condamnés par la police. Ils sont conscients du
mal qu'ils font. La plupart du temps, ils
souhaitent continuer une thérapie au delà du
traitement obligatoire.
- Les
immatures égocentriques. Ils ont souvent eu
une enfance marquée par des carences éducatives
et par des traumatismes réels : ils ont parfois
eux-mêmes été agressés. En même temps, ils ont
un coté égocentrique avec une recherche d'un
plaisir dans la sexualité sans s'intéresser à
l'enfant. D'ailleurs, ils supposent que les
enfants sont consentants ou intéressés. Il y a
souvent chez eux une tendance à prêter à des
enfants pré-pubères une sexualité d'adulte. Ces
sujets sont rarement demandeurs de thérapie,
l'obligation de soin est donc fondamentale pour
ce groupe d'individus qui est le plus nombreux.
On les oriente le plus souvent vers les
thérapies de groupe qui leur permettent de mieux
exprimer leurs émotions, de mieux reconnaître
leur fantasmes, de mieux les contrôler, de mieux
comprendre la réalité psychologique de l'enfant
et aussi de mieux gérer leur sexualité en
s'aidant les uns les autres.
- Les immatures "pervers". Ils sont particulièrement égocentriques, souvent très manipulateurs et parfois cyniques. Ils ne veulent pas tellement être aidés ; on a un sentiment d'impuissance thérapeutique. Il faut tenter de les convaincre que leur vie sera une suite d'échecs s'ils n'acceptent pas d'aide thérapeutique.
Quel lien l'agresseur entretient-il avec la victime ?
La majorité des agresseurs a une relation avec un enfant connu : un voisin, un élève, un scout... Le plus souvent, quand il y a passage à l'acte, c'est qu'il y a eu avant une manipulation. Dans de très rares cas, le sujet agresse un enfant inconnu. Certains agresseurs peuvent avoir des sentiments amoureux pour les enfants ; ils veulent les protéger, les chérir, s'occuper d'eux, les rendre heureux, prendre soin d'eux. Certains sont même exclusifs et ne sont attirés que par un enfant. Il peut y avoir de la sexualité avec un peu de tendresse et aussi de l'attirance sexuelle crue, sans prise en compte de l'enfant en tant qu'être. Il y a une caractéristique étonnante de ce type de sexualité : l'agresseur prend toujours le risque d'être dénoncé par l'enfant. Alors, il a des menaces, du chantage affectif : "tu ne veux pas qu'il m'arrive quelque chose ? ; tu n'as pas envie de me faire plaisir ? ...". Un lien de dépendance est donc créé. Les victimes et les agresseurs gardent le secret : 99 % des gens que j'ai suivi depuis 10 ans n'avaient jamais parlé avant d'être traités. Les pédophiles ont peur de la réaction à l'autre donc le fantasme et l'acte restent secret. Il y a aussi les pédophiles qui tentent de se faire aimer en achetant des cadeaux, distribuant des bonbons... Le pédophile développe ainsi un certain savoir faire parce que pour vivre cette sexualité, il doit manipuler, c'est la seule manière d'y parvenir. Les manipulations sont plus ou moins subtiles : il écoute, il dialogue, il fait parler, il trouve la faille. Le pédophile a le nez pour trouver la proie idéale.
Comment peut on les repérer ?
| Difficilement. Plutôt séducteurs, les pédophiles sont parfois mariés, et pères de famille: «Ce sont des gens au-dessus de tout soupçon», selon l'expression d'Agnès Fournier de Saint-Maur, chargée du dossier à Interpol. Leurs goûts clandestins ne les empêchent pas d'être parfaitement insérés. On les rencontre dans tous les milieux, mais ils ont une prédilection pour les métiers leur permettant d'entrer en contact avec des enfants: ils sont généralement considérés comme d'excellents pédagogues. Très actifs dans les milieux associatifs, ils offrent volontiers leurs services pour animer une chorale, entraîner une équipe sportive, aider des gamins en difficulté, voire militer contre les... pédophiles. |
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Le pédophile de proximité : un voisin, un éducateur, un membre de la famille…
Psys et professionnels de l’enfance maltraitée sont unanimes : la très grande majorité des actes de pédophilie impliquent l’entourage de l’enfant. En premier lieu, le cercle familial large (42 % des agressions et 56 % des viols sur mineurs), suivi de l’entourage scolaire, éducatif et des loisirs.
Ce pédophile de proximité, tout enfant est susceptible de le croiser. Un éducateur, un entraîneur, un voisin, un membre de la famille… Il n’existe aucun profil type qui permette de démasquer le loup sous les atours de la brebis. Inutile, donc, d’axer la prévention sur la diabolisation du « méchant monsieur qui va te faire mal » : le pédophile de proximité est rarement agressif. « Les pédophiles avertis vont jouer sur la curiosité et la naïveté de l’enfant, qu’ils auront au préalable sécurisé », prévient la thérapeute familiale Martine Nisse (1). Là réside le vrai danger. Et toute l’horreur du piège qui se referme sur les plus jeunes.
Car les actes du pédophile s’apparentent à l’inceste. Pour l’enfant, l’adulte est une représentation du parent, celui qui peut user de son autorité et faire jouer les liens affectifs. Le pédophile de proximité bénéficie soit d’une position sociale qui le place de facto « au-dessus de tous soupçons », soit de la confiance de la famille.
Tous les professionnels de l’enfance reconnaissent que le pédophile de proximité ne frappe pas au hasard. « Ils repèrent les enfants en quête affective, soumis facilement à la volonté de l’adulte, analyse le docteur François Campon (2). En général, les enfants abusés vivent dans un milieu où les adultes imposent leurs volontés sans notion de règle ni de droit. Ces enfants ont aussi été élevés dans le “faire plaisir” à l’adulte, ils ont appris à se soumettre et n’ont pas conscience de leurs droits. »
Sans dresser le portrait de l’enfant « proie », on peut néanmoins dégager une constante que repèrent les prédateurs sexuels : un enfant soumis à l’adulte ou en carence affective. Il n’est évidemment pas question ici de rendre les parents coupables des actes pervers du pédophile, mais bien de poser la prévention en termes de responsabilité éducative au sein de la famille.
- Spécialiste de la maltraitance sexuelle, psychique et physique, elle fonde, en 1987, avec Frédérique Gruyer, le Centre des Buttes-Chaumont.
- Psychiatre, psychanalyste, président de la Société française de psychologie individuelle.
Comportements suspects de l'agresseur
La
maltraitance sexuelle
infantile n’est pas tant un
acte ponctuel qu’un
processus qui s’inscrit dans
la durée.
L'auteur cherche à passer du
temps seul à seul avec
l'enfant et procède
habituellement de manière
subtile, si bien que vous ne
décèlerez peut-être rien
d’anormal dans ses
agissements à première vue
(par ex., le degré
d’attention et d’affection
qu’il accorde à l'enfant).
Vous avez donc tout intérêt
à surveiller les
comportements suivants,
sachant toutefois qu’ils ne
sont pas nécessairement des
indicateurs certains de
maltraitance sexuelle.
Attention aux comportements suivants :
- Un adulte qui offre des services de garde d’enfants gratuits ou à toute heure
- Un adulte qui manifeste un intérêt démesuré pour votre enfant
- Un adulte qui multiplie les occasions de passer du temps seul à seul avec votre enfant
- Un adulte qui paraît obsédé par votre enfant
- Un adulte qui accorde des faveurs spéciales à votre enfant ou qui le traite avec favoritisme (jouer au ballon dans la maison, manger des bonbons à tout moment, etc.)
- Un adulte qui se prend d’amitié pour votre famille et qui semble chercher à se rapprocher davantage de votre enfant que de vous
- Un adulte qui recherche des occasions d’acheter des cadeaux à votre enfant
- Un adulte qui participe à des activités qui plaisent à votre enfant pour créer des occasions de passer du temps seul à seul avec lui tout en vous laissant à vous ou à l’enfant l’initiative de faire les premiers pas.
Attention aux
situations suivantes :
Les situations
suivantes paraissent
peut-être anodines à
première vue, mais elles
pourraient exciter
sexuellement un adulte qui
ressent une attirance
sexuelle pour les enfants :
- Vouloir donner le bain à votre enfant
- S’offrir pour changer la couche d’un bébé ou aider à la toilette d’un enfant
- Demander à votre enfant de le regarder faire sa toilette
- Chatouiller l’enfant et toucher « accidentellement » ses parties génitales
- Pratiquer des activités qui nécessitent de se dévêtir (massage, activités aquatiques)
- Lutter en sous-vêtements
- Jouer à des jeux qui impliquent des attouchements sur les parties génitales (jouer au docteur)
- Raconter des blagues à caractère sexuel à votre enfant
- Parler de sexualité à un enfant sous prétexte de l’éduquer
- Montrer des images pornographiques à votre enfant
- Prendre des photos de votre enfant en sous-vêtements, en maillot de bain, en costume de danse, etc.
Quels sont les comportements à surveiller chez les enfants ?
Observer le comportement d’un enfant permettra de déceler, le cas échéant, des signes de maltraitance sexuelle. Soyez attentifs aux changements de comportement de l’enfant. Les enfants expriment ce qu’ils ressentent à travers leur comportement. Si vous constatez qu’un enfant manifeste certains des comportements énumérés ci-dessous, n’en concluez pas aussitôt qu’il est victime de maltraitance. Ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres. Cherchez plutôt à savoir ce que vit l’enfant. Offrez-lui votre soutien et votre aide pour essayer de trouver ce qui ne va pas.
Quelques indices à surveiller :
- Connaissances sexuelles évoluées
- Comportement sexualisé
- Renfermement sur soi/cafard
- Baisse du rendement scolaire
- Malaise à l’endroit d’un adulte en particulier
- Désir immodéré de passer du temps avec un adulte en particulier
- Agressivité
- Autodestruction
-
Symptômes physiques de
mauvais traitements dans
la région génitale.
Déceler les symptômes
Pas d’affolement si un symptôme isolé apparaît chez l’enfant. Mais consultez un professionnel si plusieurs troubles du comportement se conjuguent.
- Rejet de certains adultes et crainte ou refus d’être seuls avec eux.
- Aversion ou recherche excessive des contacts physiques.
- Troubles du sommeil (terreurs nocturnes, reprise de l’énurésie) et alimentaires (comportement boulimique ou anorexique).
- Troubles scolaires avec stagnation des résultats et indifférence.
- Perte d’intérêt pour les activités et les loisirs habituels.
- Dessins explicitement sexuels.
- Comportement sexuel exagéré avec ses camarades ou ses jouets.
- Masturbation compulsive chez le petit enfant.
- Brusque intérêt pour les parties génitales des adultes.
- Phobie soudaine pour certains lieux.
- Crainte subite de se déshabiller en public.
- Plaintes récentes somatiques, notamment les maux de ventre.
Que dire aux
enfants ?
Tous les spécialistes sont d'accord: il faut armer
les enfants de mots. Il faut les informer, dès leur
plus jeune âge, de l'existence des pédophiles, sans
dramatiser. Il faut leur dire que les relations
sexuelles entre les adultes et les moins de 15 ans
sont interdites par la loi. Il ne s'agit pas de les
effrayer, mais, au contraire, de les exhorter à ne
pas se laisser paralyser par la peur. Il faut leur
apprendre à ne pas suivre un inconnu dans la rue,
bien sûr, mais aussi à alerter les passants en cas
de problème. Ils doivent surtout savoir que leur
corps leur appartient, et qu'ils ont le droit de
dire non à un adulte, quel qu'il soit, ami,
instituteur, oncle, beau-père, etc. Ils doivent
aussi savoir qu'ils ne risquent rien, ni ridicule ni
opprobre s'ils se plaignent des gestes trop
pressants d'un ami de la famille ou d'une agression
dans la rue au retour de l'école. Enfin, ils doivent
savoir qu'ils ne sont pas fautifs s'ils suscitent le
désir d'un adulte, et qu'ils ont les moyens de le
désamorcer: dans la majorité des cas, les pédophiles
jouent sur la crainte et la honte des enfants et
sont mis en fuite par une attitude de résistance
sereine.
A partir de quel âge peut-on
parler à un enfant de sexualité ?
A partir de 2 ans et demi / 3 ans. En lui disant que
les garçons ont un sexe qui se voit, qui s’appelle
un pénis, que les filles ont un sexe à l’intérieur
de leur corps qui ne se voit pas, et qui est une
machine à faire des bébés. Que le sexe est son
intimité et que personne n’a le droit d’y toucher.
Quand on devient grand, la différence des corps sert
à pouvoir se montrer qu’on s’aime et à faire des
bébés. Pour cela, le papa doit mettre une petite
graine, qu’on appelle un spermatozoïde, dans le
ventre de la maman et il la met avec son sexe. Mais
tout cela n’existe que quand on est grand. Et il
faut ajouter deux choses importantes, l’interdit de
l’inceste, et l’interdit de " faire les amoureux "
entre adultes et enfants.
Comment décrire un pédophile ?
Comme une personne qui a grandi dans son corps, mais
pas dans sa tête, si bien qu’elle n’a pas envie de
faire l’amoureux avec des grandes personnes mais
avec des enfants. Ces personnes là sont malades,
mais ça ne se voit pas, elles ne sont pas rouges,
elles n’ont pas de boutons... Elles disent aux
enfants : " Viens avec moi, je vais t’emmener au
cinéma, je vais te donner des bonbons... " et, en
fait, c’est pour faire les amoureux et toucher leur
sexe. Donc, elles sont très dangereuses.
Pourquoi ça peut être difficile de
parler de sexualité à ses enfants ?
Souvent, parce qu’on ne nous a pas parlé de sexe
quand nous étions petits. Mais, de toute façon, le
sexe n’est pas un sujet anodin. Il est lié à des
émotions, des expériences vécues, des peurs, des
hontes, des tabous... Il faut savoir qu’il n’y a pas
de façon idéale de dire les choses. Tout le monde
trébuche, mais l’important, c’est de le faire.
Parler de sexualité à l’enfant, c’est surtout lui
faire comprendre que c’est un sujet qu’il peut
aborder. Et aussi satisfaire sa curiosité
instinctive par rapport à cela, sur laquelle les
pédophiles peuvent jouer.
Ce discours de mise en garde
peut-il être angoissant pour les enfants ?
Le plus angoissant, pour l’enfant, c’est l’angoisse
des adultes. Et, pour se désangoisser, le mieux est
que les parents parlent entre eux de cette peur que
ça arrive à l’enfant. Cette difficulté à parler de
pédophilie peut être amplifiée par le fait que,
parfois, certains parents ont subi eux mêmes,
enfants, une tentative de séduction de la part
d’adultes. Ils ont alors l’impression de plonger
l’enfant dans un film d’horreur. Mais, même s’ils
sont angoissés, il faut éviter de mettre leur enfant
dans une terreur permanente.
Et l’attitude qui consiste à
surprotéger ?
La meilleure protection, pour un enfant, est de lui
donner les moyens de comprendre lui-même où sont les
dangers. Il faut lui dire : "Fais attention", et, en
même temps, lui montrer comment on fait attention.
Parce qu’il y aura toujours des moments où il sera
seul, il faut qu’il ait sa propre boussole.
Pour une prévention pratique, neuf informations clés que tout enfant doit posséder et que tout parent doit rappeler.
- Connaître son adresse et son numéro de téléphone.
- L’abuseur sexuel peut avoir l’air gentil et bien élevé.
- L’abuseur sexuel peut être un proche, voire un très proche.
- Ne jamais accepter de cadeaux d’un(e) inconnu(e).
- Ne jamais suivre un adulte qui demande de l’aide.
- Savoir réagir en cas de situations imprévues (la baby-sitter n’est pas à la sortie de l’école, il est perdu dans une foule, etc.).
- Ne pas garder un secret qui ne devra jamais être révélé et qui le lie à un adulte.
- Ne jamais transmettre ses coordonnées ou son nom sur Internet sans permission parentale.
- Se méfier d’un « grand » qui cherche à avoir des contacts physiques.
Comment réagir à des révélations de maltraitance sexuelle
Dans une situation où un enfant se déclare victime de maltraitance sexuelle, votre réaction est cruciale, car elle peut soit soulager, soit aggraver le traumatisme. Les confidences de l’enfant vous plongeront peut-être dans un accablement profond, mais quoi qu’il en soit, les besoins de l’enfant doivent primer. La recherche montre que les enfants qui ont le plus de chances de s’en remettre et de se réadapter sont ceux qui se sentent soutenus, protégés et entourés de soins attentifs. Voici ce que vous pouvez faire pour augmenter les chances de succès :
- Modérez votre réaction.
- Réservez votre jugement.
- Félicitez votre enfant, car il faut beaucoup de courage pour faire des révélations de maltraitance sexuelle.
- Protégez la vie privée de votre enfant.
- Manifestez votre affection.
- Promettez à votre enfant que vous agirez rapidement pour mettre un terme à la situation.
- Faites examiner votre enfant par un médecin.
- Signalez l’affaire à la police et à la protection de l’enfance
Les réactions des
abuseurs à leur
dévoilement
Un récent Colloque
européen sur les
violences sexuelles a
établi que 82% des
abuseurs n'admettent pas
leur responsabilité
(53% nient même
totalement les faits).
Seuls 18% d'entre eux
admettent les faits, et
encore parce qu'ils y
sont obligés après
confrontation avec les
victimes, et non sans
les accuser de les avoir
"provoqués».
Cette négation des faits
leur permet de
persévérer dans leur
perversion, et donc de
ne pas être privés de
leur jouissance, qui
seule compte pour eux.
Quand ils ne peuvent
plus nier les faits, ils
les admettent en
minimisant ou en niant
les conséquences
désastreuses sur les
victimes, surtout si
l'abus a été exempt de
violence physique. S'ils
ont du remords ou du
regret, ce n'est jamais
de leurs crimes, mais de
s'être fait prendre et
de devoir cesser.
Si un psy se montre
indulgent envers un
pervers, parce qu'il
désire régler rapidement
une situation qui le
dépasse ou le dégoûte,
il risque d'être
manipulé par l'abuseur
qui fera preuve d'un
« repentir» à bon marché
pour continuer en paix
ses activités vicieuses
cachées. Il se fait
ainsi son complice, ce
qui est grave.
Un pervers qui est
dévoilé et qui refuse de
se repentir peut tomber
dans la panique, la
dépression, l'alcool ou
le suicide ; plus
souvent il s'endurcit et
continue de manière
accrue ses pratiques.
Il est extrêmement rare qu'un délinquant sexuel se repente réellement, (tout au plus exprimera-t-il quelques vagues « regrets»), mais il faut toujours lui en donner l'occasion.
En conclusion, tout
thérapeute devrait avoir
à cœur de se former dans
ce domaine si
particulier, s'il veut
s'occuper de personnes
ayant souffert de ce
drame que constitue
l’abus sexuel.
Sources Blog de Jean Raymond Faivre, Fredi.org, Psychologie.com, Centre Canadien de protection de l'enfance, Psycho-Ressources

